« Ebola peut être contenu, à condition d’agir plus vite et de manière plus collective ». C’est ce qu’assure le directeur régional de l’UNICEF pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, dans une déclaration publiée ce mercredi 15 juillet. Gilles Fagninou revient sur sa récente mission en Ituri, épicentre d’Ebola dans l’Est de la RDC.
Cinq provinces sont désormais touchées : Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu, Haut-Uélé et Tshopo, avec 2111 cas confirmés, dont 750 décès au 13 juillet, note M. Fagninou. La progression géographique de la maladie rend la riposte à la fois « plus complexe et plus urgente », constate ce responsable du Fonds des Nations-Unies pour l’Enfance (UNICEF). Il évoque plusieurs défis dans cette région du pays : le conflit, l’insécurité, les déplacements de populations et l’accès limité.
Par ailleurs, il partage de bonnes nouvelles qu’il présente comme « des raisons d'espérer ». « À Bunia, j'ai rencontré un nourrisson de trois mois guéri d'Ebola ainsi qu'un enfant de neuf mois qui, malgré la perte de ses deux parents, retrouve progressivement le sourire grâce au soutien psychosocial et aux services de protection mis en place avec nos partenaires », se félicite Gilles Fagninou. Ces enfants, poursuit-il, incarnent une réalité essentielle : lorsque les communautés, le Gouvernement et les partenaires agissent ensemble, des vies sont sauvées.
Seulement 25 % des financements disponibles
Un autre défi se présente dans la riposte, à savoir le manque de financements. Seulement 25 % des financements requis sont actuellement disponibles, déplore l’UNICEF. « J'appelle à une mobilisation urgente des ressources. Nous savons comment stopper cette épidémie. Le défi n'est pas l'absence de solutions, mais le manque de financements pour les déployer à l'échelle nécessaire », déclare M. Fagninou qui appelle à « une solidarité internationale durable aux côtés du Gouvernement et des communautés touchées ». La riposte contre Ebola doit s'articuler avec les autres urgences auxquelles font face les communautés : malnutrition, choléra, polio, déplacements forcés, tout en garantissant la continuité des services essentiels comme les soins de santé et la préparation de la prochaine rentrée scolaire, recommande l’UNICEF.
Le soutien de l’agence des Nations-Unies aux autorités porte sur quatre priorités : La mobilisation des communautés et la lutte contre la désinformation, le renforcement de la prévention et le contrôle des infections, la protection des enfants touchés et la surveillance communautaire de proximité.